SERVICE ARCHÉOLOGIQUE

Ville de Laon

L’archéologie à Laon

Par des fouilles archéologiques, mais aussi grâce au recensement et à l’inventaire du patrimoine enfoui ou bâti, les archéologues rassemblent des éléments qui leur permettent d’illustrer, de préciser, voire parfois de rétablir les événements historiques, au niveau local ou national. À Laon, le service archéologique municipal, composé de deux archéologues, remplit cette mission. La plupart du temps, ces derniers se chargent eux-mêmes des recherches sur le terrain, qu’il s’agisse de surveillance de travaux, d’évaluation archéologique ou de relevés d’archéologie monumentale. Cependant, pour certains chantiers plus importants, le service archéologique collabore avec l’Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (AFAN), organisme créé vers 1975 par le Ministère de la Culture.

La visite de Laon est une incitation au voyage dans le temps, principalement à travers le Moyen Âge. Accueilli par la cathédrale, le promeneur rencontre des traces de cette époque dans chaque rue, bordées, pour la plupart, de maisons médiévales. Tout semble visible au premier regard et, pourtant, il existe aussi un patrimoine imperceptible.

La cathédrale et la place du parvis sont des passages obligés pour le visiteur. Les vestiges encore présents témoignent de l’aménagement des lieux mais le tableau est incomplet. Autrefois, d’autres édifices s’élevaient à cet endroit, comme l’église Saint-Remi-à-la-Porte-du-Cloître, dans le prolongement de l’Hôtel-Dieu, actuel office du tourisme. Des fouilles archéologiques n’ont pu apporter de précision sur l’édifice du Moyen Âge, mais ont permis la mise au jour d’autres vestiges de cette époque, ainsi que des fondations de l’église du XVIe siècle. Si l’aspect médiéval n’est pas confirmé, il n’en reste pas moins que l’archéologie a fourni des éléments concernant l’édifice de l’Époque moderne. Parfois, le démontage de murs médiévaux lié au fouilles permet d’observer des techniques de construction surprenantes comme ce fut le cas place de la mairie.

Schéma

De même, pour connaître la disposition des bâtiments ou l’emplacement de la voirie, les fouilles sont souvent indispensables. Des recherches menées place du Marché-aux-Herbes ont conduit à la conclusion que, contrairement à ce que les historiens avaient écrit, cette zone n’est devenue une vraie place qu’au XVIe siècle.

L’archéologie est aussi un moyen de rétablir certains faits historiques. Les historiens, à la suite de Guibert de Nogent, décrivent l’incendie de 1112 comme extrêmement destructeur tant pour la cathédrale que pour l’ensemble de la ville. Or, les recherches archéologiques n’ont pas permis de prouver ce fait. Bien au contraire, l’absence de traces d’incendie dans les niveaux archéologiques suggère que les dégâts ne furent que peu importants.

La révision historique n’est pas un but en soi mais elle est la suite logique d’une fouille archéologique. Lorsque l’archéologue reconstitue la stratigraphie d’un site, il établit la chronologie des faits qui se présentent à lui. Ensuite, grâce à différents éléments (objets ou particularités architecturales), il peut proposer une datation des différentes phases. Les phases identifiées place du Marché-aux-Herbes ou dans une excavation face à la rue de la Charpenterie permettent d’évoquer l’organisation de ces espaces à partir de l’époque gallo-romaine. Des structures telles qu’un puits, un puisard et un petit tronçon de fossé sont les premiers témoignages d’une installation dans la Cité à cette époque.

 

Dans l’état actuel des connaissances, on peut estimer que le plateau ne fut occupé qu’à partir de l’époque gallo -romaine. En revanche, on trouve des sites beaucoup plus anciens en ville Basse. Près du faubourg de Leuilly, on a fouillé un site allant du Néolithique (vers 4.000 ans avant J.-C.) au Ier siècle après J.-C., la phase principale d’occupation se situant à l’époque gauloise, vers 500 ans avant J.-C.

 

Comprendre la ville ne consiste pas uniquement à décrire les différentes phases historiques, il s’agit aussi de relier les différents vestiges. Face au parking de la Congrégation, le passant peut voir un mur avec deux arcs brisés. Ce pan de mur n’évoque plus rien actuellement et, pourtant, il s’agit des vestiges de l’église Saint-Julien. L’importance qu’eut cet édifice pour l’évolution du Bourg n’est perceptible ni dans l’actuelle disposition du quartier, ni dans les textes. Les fouilles effectuées à son emplacement, associées à celles menées dans les rues Saint-Jean, Saint-Martin et du 13 octobre 1918, ont permis la découverte d’une nécropole dépendant de l’édifice religieux primitif. La découverte de sépultures en pleine terre ou en sarcophages, sur plusieurs niveaux, laisse penser que cette zone fut l’un des premiers noyaux d’inhumations chrétiennes de la ville. Ce constat remet alors en cause l’idée communément admise que l’abbaye Saint-Vincent reçut les premières inhumations chrétiennes.

 

L’archéologie ne se limite pas au patrimoine enfoui, elle s’intéresse aussi aux vestiges encore en élévation.

Laon comptait plusieurs édifices religieux, églises, couvents ou refuges d’abbayes, mais il n’en reste, le plus souvent que quelques vestiges isolés dans les nouveaux bâtiments. À proximité de la place des frères Le Nain, la surveillance de travaux de réhabilitation a permis la découverte de vestiges de l’église Sainte-Benoîte. Alors que l’on ne savait quasi rien de l’édifice roman, une travée complète de la nef de la première moitié du XIIe siècle a ainsi pu être observée, permettant une restitution partielle de l’église.

 

L’archéologie monumentale s’intéresse aussi aux bâtiments civils et les maisons laonnoises présentent souvent des vestiges remontant au Moyen Âge. Dans le Bourg, des travaux de réhabilitation ont mis au jour un mur pignon avec des fenêtres du XIIe siècle et des décors peints médiévaux. Cette découverte suggère que des bourgeois ou des chevaliers ont choisi de s’installer dans le Bourg, alors que leurs habitations ont, le plus souvent, été observées dans la Cité.

 

L’archéologue ne connaît pas de limite dans le temps et s’intéresse aussi au patrimoine récent. Ainsi, à la suite de la trouvaille d’une dalle funéraire du XVIIe siècle, des relevés ont été effectués dans les ruines d’une petite chapelle particulière du château de Semilly. Au-delà des peintures murales néogothiques recouvrant l’intérieur du bâtiment, les conclusions apportées par les observations indiquent que la construction du bâtiment remonte sans doute à l’Époque moderne ou au XIXe siècle. Comme pour d’autres études, il faut recouper les informations recueillies sur le terrain avec des données cadastrales ou d’archives pour pouvoir donner une explication la plus précise possible. Dans le cas de la chapelle du château de Semilly, les plans anciens indiquent la présence d’un bâtiment dans cette zone uniquement à partir de 1808, ce qui placerait la construction de la chapelle vraisemblablement à cette période. Au delà d’une recherche de renseignements historiques, les relevés du service archéologique sont aussi un moyen de préserver la mémoire du patrimoine architectural.

 

 

Parmi les monuments étudiés par le service archéologique figurent les fontaines et abreuvoirs de la ville. En collaboration avec le service général de l’Inventaire d’Amiens, on a réalisé des relevés et des recherches en archives. Ces travaux ont abouti à des notes et des publications décrivant l’histoire, l’aménagement et le fonctionnement de ces fontaines.

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