SERVICE ARCHÉOLOGIQUE

Ville de Laon

Voici quelques années, en collaboration avec le service régional de l'Inventaire général, le service archéologique de Laon s'est intéressé aux fontaines et abreuvoirs de la ville. Ces travaux ont été effectués tant sur le terrain, par études et analyses des vestiges, que par des recherches dans les archives et documents historiques.

 

Fontaines et abreuvoirs de Laon

Les fontaines de Laon sont des sources naturelles aménagées par l'homme et, à l’exception de deux faubourgs, les écarts se sont développés près de sources abondantes (plan). La butte témoin de Laon présente deux couches d’argiles qui déterminent deux niveaux de sources, l’un en haut de la butte, l’autre au pied (coupe). Dans la ville haute, il existait au Moyen Age une porte fortifiée ou une poterne à proximité de chaque fontaine (plan). De même, fontaines et portes se trouvaient en haut de voies d’accès. Plusieurs raisons expliquent ces implantations. D’abord la nécessité d’abreuver bêtes et hommes ayant gravi les pentes ; ensuite, il était utile de pouvoir aller puiser aux fontaines une eau moins polluée que celle des puits urbains ; enfin, les sources ont créé de petits ravins qui constituaient autant de chemins d'accès faciles à défendre depuis les remparts mais permettant d'entrer dans la ville en restant à l'abri de regards ennemis.

Dans la ville haute, les abreuvoirs sont situés en aval d'une fontaine qui les alimente en eau. Dans la ville basse, ils sont soit isolés et directement alimentés par une source ou par une rivière, soit éloignés d'une fontaine dont ils reçoivent les eaux par un fossé.

Pour les fontaines, on distingue trois techniques de captage des eaux. La première (captage par drains en rupture de pente) n'est utilisée que dans la ville haute ; la seconde (captage direct d'une source) a probablement été employée aussi en ville basse ; la troisième technique (captages multiples) se rencontre aussi bien en ville haute qu'en ville basse.

La technique de captage des eaux par drains consiste à construire ou à creuser un conduit souterrain suffisamment large et haut pour permettre le passage d'un homme. Ce drain est édifié sur l'argile, au niveau de la nappe aquifère, un peu en dessous de la rupture de pente. Son sol étanche est constitué de mortier supportant des dalles en pierre. Il présente une pente légère et il draine l'eau grâce à des chantepleures percées dans le mur situé du côté de la colline et donc de la nappe aquifère. Les murs latéraux sont en maçonnerie et le couvrement du drain est constitué soit de la roche naturelle, soit de dalles calcaires, soit d'une voûte en brique (figure générale ; figure de détail).

Le captage direct d'une source n'est mentionné qu'une fois dans les archives, en 1614. La source se trouve sous la collégiale Saint-Jean-au-Bourg et l'eau est acheminée, par un conduit visitable, jusqu'à la fontaine. Le fil d'eau du conduit était recouvert d'une feuille de plomb. Dans le niveau inférieur des carrières souterraines situées sous la cathédrale, on trouve également un captage de source dont l'eau est évacuée dans un conduit médiéval, voûté en arc brisé. Ce conduit, presque totalement comblé, est aujourd'hui inaccessible (figure).

La méthode du captage multiple diffère de la précédente par l'existence de plusieurs points de captage correspondant à autant de sources. L'eau est conduite vers un ou plusieurs bassins par de petits conduits en maçonnerie de quelques décimètres carrés de section (figure).

BIBLIOGRAPHIE

Guibert de Nogent, Autobiographie, texte édité par Edmond-René Labande, Paris, Les Belles Lettres, 1981.

Jorrand (Jean-Pierre), « Alimentation en eau et fontaines », dans Martine Plouvier, Laon, une Acropole à la française, (Cahiers du Patrimoine n° 40), Amiens, AGIR-Pic, 1995, p. 35-45.

Jorrand (Jean-Pierre), « L’eau à Laon. Inventaire des fontaines, abreuvoirs et autres ouvrages », Mémoire de la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie de l’Aisne, tome XLII 1997, pp. 109-149, 38 fig.

Delhaye (Éric) et Jorrand (Jean-Pierre), « Histoire d’eau dans le développement de la ville de Laon et enjeux actuels en terme de prévention des risques », L’eau et la ville : actes du 121e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nice, 1996 Editions du CTHS, 1999, pp. 63-77, 3 fig.

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